Mon blog parle entre autre de mon premier livre "Lettre à un ami en souffrance spirituelle" qui a pour thèmes principaux le développement personnel, la spiritualité et l'ésotérisme
Venez découvrir le livre "Berthe et Rebecca ou deux Nantaises des années 80" de Justine MERIEAU dans la catégorie "Roman" :
Ce livre est inédit et disponible sur le catalogue "Rezolib" de REZOBOOK.
Résumé "Rezolib" :
Synopsis
Rebecca est une belle femme libérée. Mais juive, elle a connu enfant les camps de concentration, la perte des siens, la difficulté d’en parler au retour, l’exclusion et l’antisémitisme.
Berthe est une jeune fille qui n'a pas vraiment d'attrait physique et qui se trouve laide. Elle supporte très mal le rejet et le regard souvent indifférent des autres.
Et pourtant, ces deux Nantaises des années 1980 – parce qu’elles vivent chacune leur différence – se sentent proches, et leur amitié sera déterminante dans leur évolution et leurs choix.
L'auteur a su trouver les mots justes pour décrire les sentiments des deux femmes, qui ont de nombreux points communs, dont celui de la littérature.
Ce roman permet au lecteur de découvrir la ville de Nantes, où se situe une grande partie de l'existence de Berthe et Rebecca ; ce, jusqu’au moment où surviennent certains faits qui vont changer leur destin…
Justine Mérieau, en choisissant Nantes pour cadre d’une grande partie de son action, privilégie ses propres racines : elle qui vit de nouveau à La Réunion, après plusieurs années passées à Mayotte, soit depuis vingt ans hors métropole, n’a pas oublié les rues, les cafés, les odeurs de sa ville… Une atmosphère qu’elle a su retrouver au plus profond d’elle-même. Elle trace l'histoire d'une plume rapide, et son récit ne peut laisser indifférent : c’est pourquoi le lecteur se sentira proche de ses deux héroïnes et les aimera.
Il ne faut pas manquer le sixième livre et quatrième roman de cet écrivain, qui vous fait redécouvrir une page de l’Histoire de France – la seconde guerre mondiale – aux conséquences douloureuses.
Mais le roman pose aussi différentes questions : comment survivre, en étant physiquement différent des critères véhiculés par la mode du moment ? Pourquoi le nazisme avait-il pu s'installer en Allemagne sous Hitler ? Pourquoi – et depuis quand – l'antisémitisme existe-t-il et peut-il encore perdurer ?
Et des questions posées, il y en a bien d'autres tout au long du roman….
Extrait
Insouciante et légère, Berthe continuait sa marche vers le restaurant. Ce soir, dans une espèce de bizarre euphorie, elle se sentait belle, se voulait belle… D’avoir été sifflée, lui avait redonné du courage. Même si elle savait que ces sifflements n’étaient ni admiratifs, ni destinés à une beauté qu’elle ne possédait pas… Et que ce n’était probablement qu’une réaction de mâles un peu saouls et égrillards qui se défoulent en interpellant une quelconque femelle… Peu importait, elle-même avait envie de se défouler. Alors ce soir, elle se voulait belle envers et contre tout, et aspirait même à un peu de folie, pour une fois ! Et, bien que s’étonnant de sa soudaine hardiesse, c’était pour compenser la trop longue absence de Rebecca qu’elle avait besoin de s’étourdir en faisant la fête ; soudain, elle ne se reconnaissait plus, et se sentait prête à tout pour cela. Enfin, presque… Ce qui lui procurait une sorte d’excitation mystérieuse qui l’enchantait. C’était tellement nouveau pour elle !
De penser à son amie, lui fit se remémorer quelques sorties en sa compagnie. Elle se souvint tout à coup d’une réflexion enthousiaste de Rebecca, un soir de liesse où toutes deux appréciaient particulièrement l’atmosphère si spéciale de leur ville. Celle-ci s’était soudain exclamée :
« Figure-toi que j’ai lu dernièrement Nadja… C’est de Breton. Tu te souviens ? L’un des écrivains surréalistes… Eh bien, c’est à Nantes qu’est né le surréalisme avec lui… Breton, comme nous et comme beaucoup, adorait Nantes… Dans son livre, j’ai eu la surprise de lire un passage qui y faisait allusion ! Oui… Qui disait ceci… Attends, je sors mon petit carnet où j’ai noté ses impressions… Tu vas voir, c’est vraiment bien vu… Voilà ! Je te les lis : « Nantes : peut-être avec Paris la seule ville de France où j’ai l’impression que peut m’arriver quelque chose qui en vaut la peine, où certains regards brûlent pour eux-mêmes de trop de feux (je l’ai constaté encore l’année dernière, le temps de traverser Nantes en automobile et de voir cette femme, une ouvrière, je crois, qu’accompagnait un homme, et qui a levé les yeux : j’aurais dû m’arrêter), où pour moi la cadence de la vie n’est pas la même qu’ailleurs, où un esprit d’aventure au-delà de toutes les aventures habite encore certains êtres, Nantes, d’où peuvent encore me venir des amis, Nantes où j’ai aimé un parc : le parc de Procé. »... Hein ?... Qu’est-ce que tu en dis ?... ».
Les appréciations de l’écrivain avaient également beaucoup touché Berthe, qui en pensait tout autant sur sa ville ; une ville à laquelle elle restait profondément attachée, malgré son mal-être. Les deux amies adhéraient totalement aux réflexions enthousiastes de Breton, ayant bien souvent ressenti elles-mêmes cette sorte d’exaltation provoquée par l’ambiance particulière de Nantes.
Et ce soir plus que jamais, ces paroles résonnaient à l’esprit un peu troublé de Berthe, l’emportant dans un délicieux tourbillon plein de rêves et de mystères. Pour elle, sans qu’elle en comprenne la raison, – mais c’est ce qu’elle ressentait – c’était comme si, enfin, elle s’apprêtait à vivre pour la première fois quelque chose d’encore plus exaltant, d’unique. Une expérience qui ne pourrait être que passionnante, dans cette atmosphère nantaise où tout pouvait arriver, où elle osait tout à coup s’aventurer seule… « L’ingénue libertine »… Spontanément, le roman de Colette s’imposa à elle.
Oui… ce soir, elle était bien dans le même état fiévreux que l’héroïne ! Cette « Minne », qui recherchait désespérément l’amour avec un grand A ! Celui qui l’enflammerait enfin, qui la ferait vibrer, qui donnerait un sens à sa vie…"